Barème de traitement de l’organiste catholique

 

Les indications qui suivent sont extraites du document « Le service de l’organiste dans la liturgie catholique ». On pourra s’y référer pour toutes les précisions relatives à l’engagement d’un organiste.

Pour mener à bien l’ensemble de ses responsabilités et de ses activités, il faut à tout organiste:

– une formation technique musicale si possible sanctionnée par un diplôme
– une formation liturgique (auprès du CRPL)

Ces formations initiales doivent être régulièrement entretenues par des temps de formation.

De nombreuses paroisses, disposant d’instruments modestes, sont heureuses de bénéficier du concours d’un organiste. Si ses compétences sont inférieures à ce qu’on pourrait souhaiter, la communauté paroissiale se fait un devoir de participer au financement d’un complément de formation, en musique comme en liturgie, pas seulement par solidarité, mais par nécessité d’assurer l’avenir. Ainsi, elle montre sa reconnaissance pour les services rendus. La formation d’un organiste s’inscrit dans la durée comme toute formation permanente.

Il faut aussi envisager de telles actions de formation avec une perspective de service d’Eglise, particulièrement pour les jeunes. En effet, beaucoup trop de paroisses hésitent à investir dans la formation d’un jeune qui risque ensuite de partir s’installer ailleurs. Il faut penser qu’une formation acquise servira ailleurs ; il faut donc dépasser les réalités locales.

Même si le bénévolat est conforme à la tradition de l’Église, il conviendra de rémunérer de manière juste et équitable l’organiste au service de la paroisse. C’est une manière de reconnaître le travail fourni par l’organiste et de le responsabiliser dans son service. Au sujet des tarifs appliqués, on se référera aux propositions de l’Association des Organistes Romands (AOR), agréées par le CRPL.

Pour établir une rétribution juste et équitable de l’organiste, il s’agira donc de tenir compte des éléments suivants:

– Compétences musicales de l’organiste (certificats, diplômes, etc.)
– Compétences liturgiques de l’organiste
– Cahier des charges (en particulier le nombre de services annuels)
– Ressources financières de la paroisse

Il convient de préciser ici que, quel que soit le statut (professionnel ou non) ou la formation de l’organiste, ce ne sont pas seulement les heures de présence pour les célébrations qui sont incluses dans la rétribution. Celle-ci prend également en considération le temps de préparation, l’achat de partitions (actuellement très onéreuses) ainsi que les frais de formation liturgique et musicale.

Enfin, on veillera à respecter les lois et directives en vigueur en matière de charges sociales auxquelles la rémunération de l’organiste n’échappe pas.

Traitement de base au 1er janvier 2000

(Sources: Association des Organistes Romands)

Le traitement de base annuel est établi en fonction des qualifications de l’organiste pour un coefficient 1.

Classe Salaire minimum Salaire maximum Augmentation annuelle
1 15’660 23’490 783
1b 13’144 20’194 705
2 9’396 14’096 470
3 7’516 11’266 375
4 5’638 8’458 282
5 3’758 5’638 188
6 1’880 2’820 94

Définition des différentes classes

1 Professionnel: Master, Diplôme de soliste ou de concert, Prix de virtuosité

1b Professionnel: Bachelor, Diplôme d’enseignement d’un conservatoire ou de la SSPM

2 Non Professionnel: Certificat supérieur, inscrit en classe professionnelle dans un conservatoire ou SSPM Examen IV de l’AOR (voir les exigences)

3 Non Professionnel: Certificat d’un conservatoire, de la SSPM ou d’une école de musique Examen III de l’AOR  (voir les exigences)

4 Non Professionnel: Inscrit en classe de certificat Examen II de l’AOR (voir les exigences)

5 Non Professionnel: Inscrit en classe secondaire Examen I de L’AOR (voir les exigences)

6 Non Professionnel:   Sans certificat

Si, en raison de circonstances locales particulières, un organiste sans certificat devait recevoir un salaire supérieur à celui de la catégorie 6, on veillerait à ne pas dépasser la catégorie 2.

Nombre de services annuels

Le traitement est adapté au nombre de services effectués, selon les coefficients suivants:

Nombre de services par an Coefficient Nombre de services par an Coefficient
De 21 à 27 0.50 De 66 à 75 1.20
De 28 à 34 0.65 De 76 à 87 1.30
De 35 à 41 0.80 De 88 à 100 1.40
De 42 à 48 0.90 De 101 à 115 1.50
De 49 à 57 1.00 De 116 à 130 1.60
De 58 à 65 1.10 De 131 à 150 1.70
Plus de 150 1.80

Les services particuliers (soir, semaine, maisons de retraite, hôpitaux, etc.) sont comptés comme des services principaux pour l’établissement du coefficient.

Années de service

Dix augmentations annuelles de 5%. Le titulaire atteint ainsi le traitement maximum après 10 ans de service.
Il est souhaitable qu’un organiste changeant de poste soit mis au bénéfice des années de service accomplies précédemment.

Indexation

Le présent barème est indexé selon l’indice suisse du coût de la vie.
L’indexation pour février 2005 est de 103.9, soit augmenter les tarifs de 3.9%

Vous trouverez grâce au lien ci-après une une « calculatrice » permettant d’obtenir les chiffres pour une année (ou un mois) donnée part rapport à une autre année (ou mois) donnée. On peut ainsi obtenir une variation annuelle ou mensuelle, selon les options choisies. La calculatrice en question est fort simple d’usage et permettra à tout un chacun de connaître les chiffres pour une période en court:

http://www.portal-stat.admin.ch/lik_rechner/f/lik_rechner.htm

Postes partiels

Deux ou plusieurs organistes titulaires peuvent se partager un poste; on calcule alors leur traitement en fonction de leur qualification et du nombre de services que chacun assume.

Services spéciaux: mariages, baptêmes, services funèbres, etc.

Ces services sont rétribués à part, selon le barème suivant:

Genre de célébration Casuel minimum Casuel maximum
Mariage 150 …*
Services funèbres 110** 200**
Offices anniversaires 70 110
Autres selon barème selon barème

*  L’organiste peut majorer ces tarifs en fonction du travail que peuvent nécessiter des circonstances particulières: présentation d’un choix d’œuvres, répétitions avec solistes ou chœur, pièces sortant de son répertoire, etc.

** Selon les usages en vigueur dans les paroisses, adapté en fonction du niveau du titulaire en place.

Le plus souvent, ces services sont rétribués par les particuliers plutôt que par les communes. (cf. aussi services spéciaux art. 1.4. du Cahier des charges ainsi que l’annexe à celui-ci).

Exemple pour le calcul de la rétribution d’un organiste :

Votre paroisse engage un organiste au bénéfice d’un Certificat non professionnel d’un Conservatoire. Selon le barème de la page 22, son titre correspond à la classe N°3. En prenant la ligne correspondante dans le tableau de cette même page, son salaire de base au 1er janvier sera compris entre Frs 7’516.– et 11’266.-. Le minimum correspondant à aucune année d’expérience, le maximum correspondant à dix ans ou plus d’expérience. Trois étapes sont nécessaires pour calculer le traitement annuel brut (part patronale non comprise):

1. Adapter ces limites supérieures et inférieures à l’indice du coût de la vie par rapport à l’année en court. Pour cet exemple, nous sommes en 2005. Il faudra donc augmenter ces deux chiffres de 3,9% (cf rubrique « Indexation »). Son salaire de base pour 2005 devra donc être compris entre Frs 7’809.– et 11’705.-.

2. Adapter ces chiffres au nombre de services qu’il effectuera annuellement. C’est ce que l’on appelle le coefficient dont on trouvera l’énumération à la rubrique « Nombre de services annuels ».  Lorsqu’un organiste effectue entre 49 et 57 services annuels, cela correspond à un coefficient 1 et le calcul du salaire minimum/maximum effectué plus haut correspond à ce coefficient.

Reprenons à présent notre exemple: l’organiste engagé effectuera 104 services par année. Cela correspond à un coefficient 1,5. Il faudra donc multiplier les deux limites par ce coefficient.

7’809 x 1,5 = 11’713.-

11’705 x 1,5 = 17’557.-

Son salaire annuel devra donc se situer entre Frs 11’713.– et 17’557.-.

3. Il reste à fixer le salaire définitif à l’intérieur de la fourchette calculée ci-dessus. L’écart entre le minimum et le maximum permet dix augmentations annuelles de 5%,   qui correspondent à autant d’années d’expérience dans sa classe salariale.

En reprenant notre exemple, l’organiste change de poste lorsqu’il est engagé par votre paroisse. Il a quatre ans d’expérience dans sa paroisse précédente. Idéalement, il s’agira donc d’augmenter le salaire minimum précédemment calculé de 20% (soit 4 années à 5%).

Son traitement annuel brut sera donc de Frs. 14’055.- (soit 11’713 * 1.2). Il serait ensuite juste d’augmenter le salaire de 5% chaque année, jusqu’à l’obtention du salaire maximum (pour dix ans d’expérience).

L’obtention d’un titre supplémentaire peut engendrer un changement de classe et par conséquent un nouveau calcul de salaire.

A propos des examens AOR

L’Association des Organistes Romands (AOR) organise des examens qui permettent aux organistes de se faire évaluer devant un jury. Ces examens sont répartis en quatre niveaux (de I à IV) correspondant à la classification citée en page 22 et sont ouverts à tous les organistes, sans distinction de confession. Une adaptation du répertoire de chants, dont les accompagnements sont demandés lors de l’examen, est faite en fonction de la confession des candidats.

Il convient ici de préciser que le CRPL est partie prenante de cette structure, étant représenté au sein du jury lorsqu’un candidat de confession catholique se présente. Le CRPL ne peut donc qu’encourager les organistes des paroisses catholiques à se présenter à ces examens. Vous trouverez tous les renseignements sur ce site, rubrique « Examens d’orgue ».

Ajoutons encore que la préparation aux examens est assumée par le candidat. Il est recommandé de travailler avec un professeur tout en notant que cela n’est pas une condition d’inscription.